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Un regard à distance sur la vie dans l’espace

Conférence du 4 juin 2024, de Madame le Docteur Claudie Haigneré



Médecin et chercheur, j’ai eu le privilège de réaliser deux missions dans des stations spatiales en orbite basse. J’y ai vécu l’aventure scientifique et humaine, et j’ai vu se déployer la qualité de la recherche en microgravité, réalisée dans ce laboratoire unique, en collaboration internationale, tout particulièrement dans le domaine des sciences du vivant.

Au XXIe siècle, le paysage spatial s’est considérablement transformé, offrant des opportunités passionnantes, mais également révélateur d’enjeux antagonistes et des risques émergents. La compétition est là, mais c’est l’Humanité qui explore, et la France et l’Europe y ont une voix singulière. Nous sommes aujourd’hui à la veille de missions habitées vers des destinations lointaines, la Lune très bientôt, et il reste bien des défis à relever pour assurer la sécurité des infrastructures et des équipages.

                                                                                                                      Claudie Haigneré



Mme Claudie Haigneré - photo Wikipedia 2014



Résumé de la conférence


Avec une iconographie abondante et un discours passionné et passionnant, Mme Haigneré nous a fait découvrir d’abord son parcours initial, son rêve d’espace à l’âge de douze ans à la vue des astronautes américains sur la Lune, ses études de médecine et son recrutement par l’ESA en 1985 ; en 1992 son intégration à la « Cité des Etoiles » en URSS où elle resta jusqu’en 2001.


Elle est la seule française à avoir participé à deux expéditions spatiales, la première en 1996 à bord de la station MIR, la deuxième en 2001 à bord de la station spatiale internationale (ISS) comme ingénieur de bord n°1. À la lumière de ces deux expériences, elle nous expliqua ce qu’était « faire équipage », la nécessité de s’adapter à bord aux « situations nominales » (habituelles, prévisibles) et aux situations « non nominales » (inattendues, exceptionnelles). L’infrastructure de ces stations spatiales est impressionnante et nécessite des qualités physiques, physiologiques, psychologiques exceptionnelles. Le séjour en apesanteur entraîne une perte de la force musculaire, une diminution de la densité osseuse, une abolition de la stimulation immunitaire contre lesquelles il faut lutter et qui heureusement sont réversibles. Des expériences scientifiques particulièrement utiles et précises sont réalisées ; l’intelligence artificielle, les imprimantes 3D y sont mises en pratique. De nouveaux matériaux peuvent être créés, l’eau est recyclée à 99 %. Le confort à bord s’améliore progressivement (gastronomie, communications, TV…) par rapport à ce qu’il était auparavant, mais ne supprime pas les difficultés psychologiques d’un éloignement prolongé de sa famille et les contraintes relationnelles avec les autres collègues.


Mme Haigneré a mentionné ensuite la participation actuelle des firmes privées (Elon Musk), les vols paraboliques qu’elles organisent pour de riches clients, le rôle des chinois de plus en plus présents, l’importance pour l’Europe de trouver une 3e voie entre les USA et la Chine, pour la sécurité-défense, l’économie, l’environnement, l’énergie, la communication.


La perspective d’une implantation sur la Lune pour l’exploitation de ses ressources n’est pas très éloignée. Il n’en est pas de même pour Mars distant de quarante millions de kilomètres, ce qui nécessitera un voyage de six mois pour l’atteindre et mettra les spationautes hors de la vue de la terre avec des informations très longues à parvenir.


Les nouveaux astronautes (ESA 2022) parmi lesquels Sophie Adenot (française ) et Raphaël Liégeois (belge) poursuivront le développement de ces projets.

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